16.02.2009

Développement à la base

14.jpgProjet d'hydraulique villageoise au Togo

Le problème de l'eau en milieu semi-urbain et rural, est un casse-tête. Pour obtenir de l'eau à certains endroits, il faut effectuer près de 5h de marche. Les femmes et les enfants sont ainsi livrés à cette corvée quotidienne qui devient un sacrifice; et pour quelle qualité d'eau ?
Les rivières et les nappes d'eau auxquelles ces personnes font recours sont souvent très polluées, sources de maladies, de contagions etc…
Les difficultés pour s'approvisionner en eau potable sont liées à la pauvreté des personnes qui ne sont pas à même de s'offrir un forage à titre personnel. Les besoins en eau potable dans ces milieux sont très importants.
Pour permettre l'accessibilité à ce besoin vital, « l'eau », en 2007, l'UEMOA a fait bénéficier, pour une valeur de plus de deux milliards (2 000 000 000) de francs CFA, la réalisation de 300 forages, dans le cadre de son projet d’hydraulique villageoise au Togo.

Selon M. M'Bata Jacques Ahare, Directeur Général de l'eau et de l’Assainissement, la nature des financements de l'UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest Africaine) est ainsi répartie:
- 100 forages dans la région des savanes,
- 100 dans la région de la Kara,
- 100 dans la région maritime.

L'AFD (Agence Française de Développement), quant à elle, finance dans la région des plateaux:
- la réalisation de 170 forages
- la réhabilitation de 100 forages
- la réalisation de 15 mini-adductions d'eau,
- le réaménagement de 15 sources.

Il est à préciser que tous ces forages seront équipés de pompes à motricité humaine.

A ce jour, quel est l'état des lieux de l'accès à l'eau potable en milieu rural au Togo? Quelles avancées peut-on remarquer sur le terrain ?
C'est dans cette perspective qu'une équipe de journalistes a œuvré à la collecte d'informations dans les divers milieux concernés.
Une semaine durant, des observations minutieuses ont été faites.
Conçu suivant une démarche participative, ce projet est, à chacune des étapes, associé à l'administration publique, au secteur privé, à la société civile et aux partenaires au développement.
Les étapes successives ont révélé ce qui suit :

Première étape : région maritime
La visite guidée à Avédoumé, un village situé au Sud-Est d'Adétikopé, et à Lonvo, situé au nord-ouest d'Adétikopé

A Avédoumé, la société chinoise CGC (Compagnie Géologique de Chine) chargée de l'exécution des travaux d'un forage n'a, jusqu'ici, pas accusé de retard dans sa réalisation par rapport au planning mis en place par le maître d'ouvrage délégué. Mais, selon les villageois et nos observations, elle doit encore installer la super structure (c'est-à-dire la tuyauterie, la pompe, bref les accessoires pour pouvoir recueillir de l'eau).
Ce fait, bien que semble-t-il dans l'intervalle des délais fournis par la société chargée de fournir les pompes, Midnight Sun, pénalise à plus d'un titre le village d'Avédoumé qui, au jour d'aujourd'hui continue de s'abreuver à l'eau du Zio, rivière dans laquelle s'effectue le traitement des graviers.

En ce qui concerne la nature même de l'eau que le bureau d'étude chargé de la prospection a retrouvé à l'intérieur des pompes, dans les deux villages, Monsieur DAO Sama, le Directeur, justifie cette situation par le fait que la certification de l'eau devrait être achevée conformément aux exigences de potabilité admise par l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé), ceci par le docteur Agbo de l'Université de Lomé. Dans le village de Lonvo, selon lui, il faut que la roche soit fracturée pour provoquer un grand débit d'eau.
Pour plus d'information autour de ce point d'eau, le principal responsable, maître d'œuvre, le Directeur Victor Sossou, avait été interviewé. Il a donné les garanties que les délais selon respectés. « C'est pour nous un challenge,… », nous a-t-il confié.
Par ailleurs, il faut dire que, bien que le Ministère des Mines représentant l'Etat togolais soit le bénéficiaire, le nouveau concept a exigé que Agetur en soit le maître d'ouvrage délégué. Raison pour laquelle la réaction du coordinateur du projet, Momboza Halaoui, a été préoccupante.
Mais aujourd'hui, il faut le reconnaître on ne peut s'empêcher d'admettre qu'il y a une volonté manifeste de mener à bien ce projet.

Néanmoins, il serait hâtif de crier à la satisfaction sans avoir détecté ou participé à l'inauguration finale. Il faut soulever le voile sur l'absence de réalisation dans le sud-est du Togo en hydraulique villageoise.
Aussi faut-il remarquer que les populations d'Avédoumé et de Lonvo, à l’instar de tous les autres qui ont été sélectionnés pour ce projet, ont bénéficié d'une formation afin de leur permettre de s'approprier le projet dans toutes ses étapes.
Ce fut l'occasion pour le chef traditionnel de la localité de Lonvo de verser de l'eau aux ancêtres en reconnaissance au précieux minerais qui serait en train d'être mis à leur disposition.
A cet effet un animateur ONG avait été choisi, par le maître d'ouvrage: L’ONG FIADI (Femme Initiatives et Actions pour un Développement Intégral).
A en croire à la démonstration faite par le comité de gestion locale, celui-ci compte vendre l'eau à un prix forfaitaire afin de soutenir une caisse d'au moins 150 000 F exigée dans les critères de sélection.
Il compte par la vente de l'eau parvenir à surmonter les difficultés de réparation de la pompe. Il aurait, aussi après la pose de la super structure, bénéficié d'une formation en matière de réparation de la pompe à motricité humaine.
A Avédoumé, une région située dans les sédiments, le forage pose plus de difficultés parce que pour avoir une bonne qualité d’eau, cela demande d'aller beaucoup plus en profondeur. Il faut aller à 130m au moins pour avoir de l'eau du paléocène.
Par contre à Lonvo, le forage a été effectué dans le socle qui semblerait-il dispose d'une qualité d'eau moins salée.

A suivre
Reportage: L’Oeil d’Afrique

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