27.11.2008
LE DIRECTEUR DE PUBLICATION
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Au sortir du grand séminaire, Gilbert Houngbo a la foi
Le séminaire gouvernemental s’est achevé mardi à Kara après trois jours au cours desquels les ministres ont fait le point sur les actions engagées depuis septembre 2008.
Pour sa part le Premier ministre, Gilbert Houngbo, s’est félicité pour la qualité des débats et la mobilisation de son équipe. Il a indiqué que l’ensemble des réformes économiques et sociales avançaient à un rythme soutenu tout en reconnaissant des retards sur certains dossiers comme la construction d’écoles ou la rénovation du grand marché de Lomé.
S’agissant des actions prioritaires, M. Houngbo a souligné que tout était mis en œuvre avec les moyens financiers disponibles actuellement et que des resssources additionnelles éaient sollicitées auprès des partenaires étrangers.
Enfin, le PM a rappelé que si l’amélioration des conditions de vie des Togolais était la priorité de son gouvernement, il ne fallait pas négliger non plus les réformes politiques indispensables à l’évolution générale du pays.
Voici un extrait des déclaration du Premier ministre à la fin du séminaire de Kara
Ce que j’admire et je respecte avec ce gouvernement, c’est la qualité des discussions, la substance que les ministres apportent à chaque dossier, que ce soit dans les secteurs dont ils ont la charge ou dans d’autres domaines.
Ce n’est pas un gouvernement qui est là pour dire Oui à ce que dit le Premier Ministre ou le Chef de l’Etat mais c’est un gouvernement qui est là pour se battre.
Au mois de septembre nous avions indiqué que le gouvernement, avant la fin de l’année, allait procéder à l’établissement des lettres de missions précisant pour chaque ministère les actions à produire en 2009.
Nous avons passé beaucoup de temps sur cette question. Nous avons effectivement établi ces lettres de missions que nous comptons finaliser dans jours et semaines à venir.
Le gouvernement a des problèmes de ressources ; il nous faut procéder à l’arbitrage afin de nous assurer que nous disposons d’assez de ressources pour les missions clé. Nous avons également examiné toutes les actions en cours, que ce soit au niveau de l’agriculture, de la santé, de l’emploi des jeunes, de la feuille de route du calendrier électoral. Nous avons procédé à une revue à mi-parcours du programme d’urgence afin de s’assurer que travail suit son cours.
Il est vrai qu’il y a des domaines dans lesquels nous sommes en avance, des secteurs où nous sommes à jours, mais il y a aussi quelques projets où nous sommes un peu en retard. En bref ce qui est sûr et réconfortant, c’est que sur l’ensemble du programme les actions ont été entreprises.
Certes, il y a des retards ; je vous donne deux exemples : nous avons prévu, dans le cadre du plan d’urgence, de construire 100 écoles sur un financement de la BID (Banque islamique de développement, ndlr). L’obtention des crédits prend un peu de temps.
L’autre exemple, c’est la grand marché de Lomé pour lequel nous avions prévu environ 400 millions. Mais nous avons tenu à discuter avec les responsables du marché sous l’égide du ministère de l’Administration territoriale et après ces discussions, il est apparu qu’en dehors de la réfection il fallait prévoir la réfection d’une dizaine de rues autour du marché ; un travail que nous voulons suffisamment bien fait du début jusqu’à la fin.
Cela nous a amené à revoir l’enveloppe globale qui passe de 400 millions à 1,5 milliard. Et dans cette enveloppe, il nous faudra être plus régalien dans la transparence des procédures pour nous assurer que les compagnies qui vont être sélectionnées seront à niveau.
Tout ceci nous a fait prendre un peu de temps, mais nous croyons également que c’est pour la bonne cause.
Dans le cadre du plan d’Actions Prioritaires, nous avons identifié des plusieurs secteurs dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’agriculture, du social et de la relance de l’économie.
Nous allons nous y atteler tout en cherchant des financements complémentaires.
C’est vrai que nous mettons l’accent sur le volet économique et social, sur l’amélioration des conditions de vie de nos populations, mais nous ne pourrons atteindre ces objectifs si nous prenons du retard sur le plan politique.
Nous parlons de la feuille de route qui concerne la recomposition de la CENI, la révision des listes électorales que la constitution recommande de faire tous les ans.
Sur ce plan le gouvernement respectera la constitution et procédera à la révision des listes électorales.
Nous travaillons dans ce sens avec les partenaires, notamment l’Union européenne qui a dépêché une mission au Togo depuis quelques semaines, les partenaires du système des nations-unies, la Banque Mondiale, le FMI ainsi que les bilatéraux pour nous permettre de tirer les leçons des élections législatives d’octobre 2007.
Elles se sont bien déroulées et nous pensons que c’est un point d’honneur pour le gouvernement d’organiser des élections présidentielles au moins aussi bien qu’en octobre 2007 ou encore mieux si possible.
Pendant notre séminaire, trois heures ont été consacrées à ces questions importantes.
Publié le 27 novembre 2008.
Le Togo atteint le point de décision de l’Initiative PPTE renforcée
WASHINGTON – le 25 novembre 2008 L’Association internationale de développement (IDA) de la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) ont déterminé que la République du Togo est admise à recevoir un allégement de la dette au titre de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) renforcée, lui permettant ainsi d’atteindre le point de décision prévu par cette initiative . Le Togo devient le 34ème pays à atteindre son point de décision.
Le Togo va ainsi recevoir un allégement intérimaire de la dette de la part de certains créanciers, mais pour pouvoir bénéficier d’un allégement irrévocable au point d’achèvement, le pays devra mettre en œuvre un large éventail de réformes. Plus précisément, le Togo doit élaborer son Document complet de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP) et le mettre en œuvre de façon satisfaisante pendant au moins un an. Le pays doit également maintenir une stabilité macroéconomique au vu d’une exécution satisfaisante de son programme économique appuyé par un accord avec le FMI au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance (FRPC). De plus, le Togo va engager des réformes structurelles et sociales fondamentales, notamment concernant la gouvernance économique et la gestion de la dette, dans le cadre des programmes appuyés par le FMI et la Banque mondiale et axés sur la Stratégie de réduction de la pauvreté adoptée par les autorités.
Outre l’allégement prévu par l’Initiative PPTE, le Togo bénéficiera d’un allégement au titre de l’Initiative d’allégement de la dette multilatérale (IADM) lorsqu’il atteindra le point d’achèvement PPTE. Les autorités disposeront ainsi davantage de ressources pour combattre la pauvreté.
Selon M. Takatoshi Kato, Directeur général adjoint du FMI : « Le Togo a progressé considérablement sur le front des réformes politiques et économiques et normalisé ses relations avec ses principaux partenaires au développement. Les résultats enregistrés dans le cadre du nouvel accord conclu au titre de la FRPC sont dignes d’éloge, malgré les retombées de la volatilité des prix mondiaux et les conséquences des graves inondations qui ont récemment frappé le pays. Compte tenu du ralentissement de l’économie mondiale imputable à la crise financière, la conjoncture extérieure demeurera vraisemblablement délicate. Une politique budgétaire saine et d’importantes réformes de gestion des finances publiques ont contribué à la stabilité macroéconomique, ce qui a permis au Togo d’atteindre le point de décision en vue d’obtenir un allégement de la dette dans le cadre de l’Initiative PPTE renforcée. Des politiques macroéconomiques prudentes, une saine gestion de la dette, l’allégement au titre des initiatives PPTE et IADM et une aide concessionnelle plus importante des bailleurs de fonds seront essentiels pour assurer la viabilité de la dette et créer le climat qui permettra d’accélérer la croissance économique et de combattre la pauvreté ».
Quant à Monsieur Madani M. Tall, Directeur des Opérations de la Banque mondiale pour le Togo, il a déclaré ce qui suit : « Nous sommes heureux que le Togo ait pu atteindre rapidement le point de décision après le retour des principaux bailleurs de fonds. Le Togo va devoir remplir sans tarder les conditions qui lui permettront d’arriver au point d’achèvement, ce qui lui permettra de bénéficier de l’intégralité de l’allégement. Dans le cadre du programme PPTE, le Togo va poursuivre son engagement à améliorer la gouvernance, à développer sa capacité de gestion de la dette, à accroître la transparence dans la gestion des finances publiques, et à renforcer les programmes dans les secteurs sociaux, conformément aux déclencheurs définis dans la perspective du point d’achèvement. La mise en œuvre de ces réformes est importante pour accélérer la croissance économique et accroître le bien-être de la population, compte tenu notamment de la vulnérabilité du pays aux risques exogènes, et de sa dépendance à l’égard des ressources extérieures. »
Particularités de l’opération d’allégement de la dette
• La dette publique extérieure contractée ou garantie par l’État togolais était estimée à 2.208 millions de dollars US en valeur nominale à la fin décembre 2007, soit 1.805 millions de dollars US en valeur actuelle nette (VAN) (2).
• L’allégement au titre de l’Initiative PPTE renforcée est estimé à 270 millions de dollars US en VAN, soit une réduction de 19 % de la dette après les mécanismes d’allégement classiques. Quand le Togo franchira le point d’achèvement de l’Initiative PPTE, il bénéficiera d’un allégement au titre de l’IADM de la part de l’IDA et du FAfD, d’un montant projeté à environ 404 millions de dollars US en VAN. Le Togo ne devrait pas avoir de dette envers le FMI admissible à un allégement au titre de l’IADM.
• L’aide de l’IDA au titre de l’Initiative PPTE, estimée à environ 98 millions de dollars US en VAN, a déjà été fournie par le biais d’un volet d’apurement des arriérés dans le cadre d’une opération de politique de développement en mai 2008. Autrement dit, l’IDA n’accordera aucun autre allégement dans le cadre de l’Initiative PPTE. L’assistance du FMI est estimée à 0,3 million de dollars US en VAN.
• L’allégement de la dette classique, l’allégement au titre des Initiatives PPTE et IADM, et l’allégement de la dette bilatérale consentis en sus de l’Initiative PPTE auront pour effet conjugué de ramener la VAN de la dette à 65 % des recettes budgétaires en 2010, contre 396 % en 2007.
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1. Les pays reçoivent un allégement de la dette à titre intérimaire jusqu’à ce qu’ils atteignent le point d’achèvement.
2. La valeur actuelle nette (VAN) de la dette est la somme actualisée de toutes les obligations futures au titre du service de la dette (intérêts et principal). Cette mesure prend en compte les modalités d’emprunt relatives au stock de la dette du pays. Si le taux d’intérêt d’un prêt est plus bas que le taux du marché, la VAN de la dette est plus faible que sa valeur faciale, la différence s’expliquant par l’élément don.
Le Togo est l’un des pays les plus pauvres de la planète, avec un revenu national brut (RNB) par habitant de 360 dollars US en 2007. Les dépenses de santé, d’éducation et d’investissement public sont nettement inférieures à la moyenne régionale, ce qui s’explique pour beaucoup par le modeste niveau de l’aide extérieure et la faiblesse de la gestion des dépenses. La période d’instabilité politique et le retrait des bailleurs de fonds qui s’en est suivi ont entraîné un déclin économique et, partant, une diminution du niveau de vie pour une grande partie de la population. Une enquête sur les indicateurs de bien-être de base réalisée en 2006 faisait apparaître qu’environ 62 % de la population était pauvre.
L’initiative en faveur des PPTE
En 1996, la Banque mondiale et le FMI ont lancé l’Initiative en faveur des PPTE pour créer un cadre de référence dans lequel tous les créanciers, y compris les créanciers multilatéraux, peuvent accorder un allégement de la dette aux pays les plus pauvres et les plus lourdement endettés du monde, et ainsi réduire les contraintes exercées par la charge du service de la dette sur la croissance économique et la lutte contre la pauvreté dans ces pays. Trois améliorations ont été apportées à l’initiative en 1999 :
Un allégement plus profond et plus large. Les seuils de la dette extérieure ont été abaissés par rapport au mécanisme initial. En conséquence, davantage de pays ont été admis à recevoir un allégement de la dette et certains sont devenus éligibles pour un allégement plus élevé.
Un allégement plus rapide. Certains créanciers ont commencé à accorder un allégement intérimaire de la dette immédiatement au « point de décision ». En outre, le nouveau mécanisme a permis aux pays d’atteindre le « point d’achèvement » plus rapidement.
Un lien plus étroit entre l’allégement de la dette et le recul de la pauvreté. Les ressources dégagées doivent être utilisées pour appuyer les stratégies de réduction de la pauvreté établies par les autorités nationales à l’issue d’un vaste processus de consultations.
À ce jour, 34 PPTE ont atteint le point de décision et 23 d’entre eux ont atteint le point d’achèvement.
(THE WORLD BANK)

