27.11.2008

felix faure

"Il a voulu vivre César et il est mort Pompée"
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Portrait officiel de Félix Faure Photo © DR
Qu'a-t-on retenu de Félix Faure ? Pas grand chose... Aujourd'hui, restent à celui qui fut président de la République de 1895 à 1899 une belle avenue à Paris, une station de métro et surtout une savoureuse anecdote sur les circonstances de sa mort...

"Il a voulu vivre César"
Et pourtant, comme l'a dit Clemenceau, "Il a voulu vivre César" et aurait aimé marquer son temps. Mais c'est surtout par son amour du faste qu'il s'est fait remarquer. Tout le monde a oublié que le président s'était timidement prononcé comme anti-dreyfusard et que son gouvernement avait dû faire face à la déroute de Fachoda. Il faut avouer que dans l'ensemble, le président était loin de la politique : l'homme était surtout inquiet de son apparence et de sa mise, et était réduit à une fonction de représentation, dont il s'accomodait fort bien. Pour le "Président Soleil", ainsi qu'il était surnommé par certains de ses contemporains, rien n'était trop beau : redingote, haut de forme, habit à toute heure, mais aussi calèche à six chevaux, précédée et suivie de pelotons de cuirassiers. Quant à son épouse, Berthe Faure, elle n'était guère autorisée à suivre son mari dans ses somptueuses parades : Félix Faure l'obligeait à marcher vingt pas derrière lui lorsqu'elle l'accompagnait dans ses déplacements.

"... et il est mort Pompée"
Mais c'est surtout la mort heureuse de Félix Faure qui est restée dans les annales. Le 16 février 1899, les collaborateurs de Félix Faure entendent des cris venant du "salon bleu". Ils accourent et trouvent le président suffoquant, les mains crispées sur la chevelure en désordre d'une demi-mondaine, Marguerite Steinheil. Cette dernière, à demi dévêtue, appelle à l'aide : il faut la libérer et on est finalement obliger de lui couper les cheveux. La jeune femme se rhabille à une vitesse telle qu'elle oublie son corset à l'Elysée. L'anecdote est connue : "Le président a-t-il encore sa connaissance ?" demande le curé venu lui porter l'extrême-onction. "Non, monsieur l'abbé, elle est partie par une porte dérobée", lui répond-on. Le Président meurt quelques heures plus tard, d'une congestion cérébrale. L'affaire défraie la chronique et donne lieu à des plaisanteries plus plaisantes les unes que les autres, et alimente les textes des chansonniers. C'est de là, bien sûr, que Clemenceau tira sa fameuse répartie "Il a voulu vivre César et il est mort Pompée". La belle, quant à elle, gagna comme surnom celui de "pompe funèbre".
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25.11.2008

actualite

Conférence euro-africaine: l'Afrique pour une Europe plus ouverte à l'immigration
il y a 36 min
Anne-Marie LADOUES et Amer OUALI
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L'Afrique a réclamé mardi à la 2ème conférence euro-africaine sur la migration et le développement une plus grande ouverture des frontières de l'UE tandis que les dirigeants européens ont plaidé pour leur Pacte qui prône une immigration choisie. Lire la suite l'article
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Un groupe de migrants africains au large de l'île italienne de Lampedusa le 26 juin 2008 Agrandir la photo
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L'adoption en octobre du Pacte européen sur l'immigration et l'asile "a semé le doute", a affirmé le ministre sénégalais de l'Intérieur Cheijk Tidiane Sy.
"Dans l'esprit des fervents militants du processus euro-africain sur la migration, ce pacte est perçu comme une volonté des Européens de se bunkériser", a-t-il dit avant de demander "un effort d'explication et de clarification".
Le ministre français de l'Immigration Brice Hortefeux, qui a porté le concept d'immigration choisie, avait auparavant plaidé en faveur du dialogue avec l'Afrique et du Pacte européen qu'il a inspiré.
"L'objectif du pacte européen, c'est d'éviter une Europe bunker et une Europe passoire", a-t-il déclaré à l'ouverture de la conférence devant quelque 80 délégations européennes et africaines.
Le Pacte, adopté le 16 octobre à l'unanimité, appelle à une régulation des flux migratoires en fonction des besoins de main-d'oeuvre des Etats de l'UE.
Jacques Barrot, vice-président de la Commission européenne, a également plaidé pour le Pacte qu'il juge "très équilibré".
Bernard Kouchner, le ministre français des Affaires étrangères, s'est félicité de l'adoption du Pacte, tout en reconnaissant qu'"il était difficile d'imaginer, il y a deux ans, que la politique française d'immigration aurait recueilli (son) assentiment". Bernard Kouchner fait partie des personnalités de gauche qui ont rejoint le président de droite Nicolas Sarkozy après son élection en 2007.
"Le Pacte, a-t-il dit, a été la première des réussites consensuelles des 27 pays" de l'UE.
Cette unanimité européenne a été battue en brèche par plusieurs dirigeants africains. Ainsi le ministre marocain des Affaires étrangères, Taïeb Fassi Fihri, a appelé l'Europe à davantage de "réalisme".
"Tant qu'il y aura des divergences entre une politique de migration européenne restrictive et les demandes des migrants, les flux d'immigration irrégulière continueront", a-t-il dit.
"Nous demandons, nous exigeons auprès de nos partenaires du Nord une logique constructive et ouverte qui aille bien au-delà de cette volonté de se fermer", a-t-il ajouté demandant d'"ouvrir des passerelles de migration régulière pour tempérer les velléités des clandestins".
Le ministre burkinabé des Affaires étrangères Alain Bédouma Yoda a également plaidé pour des projets de développement dans les pays d'origine tout en demandant d'"assouplir les conditions d'entrée" en Europe, sous peine de voir les problèmes perdurer.
Cette conférence est une nouvelle étape d'un processus engagé à Rabat en juillet 2006 pour établir un "partenariat étroit" entre pays d'origine et pays de destination face au flux d'immigration ouest-africaine vers l'Europe.
Elle faisait suite à une crise dramatique dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla (nord du Maroc), à l'été 2005, lorsque des milliers de candidats africains à l'émigration s'étaient heurté aux murs dressés à la frontière.
Depuis, l'Europe est confrontée au drame d'immigrants africains qui, au péril de leur vie, cherchent à gagner ses côtes sur des embarcations de fortune.
A l'issue de cette deuxième conférence, Européens et Africains devraient adopter un programme sur trois ans pour progresser vers une gestion concertée des flux migratoires, combinant aide au développement, organisation de la migration légale et lutte contre l'immigration irrégulière.
Fronde à l’APMT
Rien ne va plus au sein de l’Association professionnelle des magistrats du Togo (APMT). Une cinquantaine de ses membres s’en prennent à leur président, Aboudou Assouma, Ils réclament sa démission en parlant de « gestion opaque de l’association ». Pour M. Assouma, cette fronde est le résultat de ses récentes déclarations dénonçant la corruption de la justice. Des propos qui semblent gêner certains.
Le président de l’APMT s’est exprimé lundi soir sur la TVT ; voici des extraits de ses propos :

« Je ne fais que dire haut ce que le peuple pense tout bas. Lorsqu’on sait que quand la police, la gendarmerie, la douane traque nuit et jour sous le soleil et la pluie des criminels et des trafiquants de drogue et une fois arrivés au parquet leurs dossiers disparaissent, si ce n’est pas les délinquants eux-mêmes qui s’évaporent dans la nature. Ce n’est pas à moi qu’on dira qu’il n’y a pas de corruption dans la justice lorsqu’on traite les intérêts civils énormes dans les dossiers avec légèreté coupable, lorsqu’un magistrat (en l’occurrence le président de la cour d’appel du Togo) menace une institution financière (en l’occurrence une banque, la BIA) de payer 200 millions de francs CFA à un individu alors qu’il n’y a aucun lien juridique qui lie la banque à cet individu.

L’APMT est une institution sérieuse ; elle est membre de l’Union internationale des magistrats. Elle ne peut pas accepter en son sein des comportements aussi sectaires.

Nous leur demandons simplement de se retirer et de créer leur propre association, leur propre société avec un PDG qui fermera les yeux sur leur comportement.

Nous, nous allons voir les gouvernants pour assainir ce corps noble. Nous allons créer une cellule de moralisation et de lutte contre la corruption dans la justice.

Notre pays revient de loin, il est en train de sortir de la longue crise que nous avons connu. Notre pays a besoin de sécurité judiciaire et juridique. Les bailleurs de fonds, les opérateurs économiques, les directeurs de société, les chefs d’entreprise ont besoin de sécurité judiciaire et juridique pour investir et nous aider à construire notre pays.

Je veux faire encore un appel à ceux qui se sentent floués pour leur dire que nous leur tendons toujours la main, car il faut savoir pardonner à celui qui n’a pas compris tout de suite mais qui comprendra plus tard ».
Publié le 24 November 2008.

LE «MAÎTRE» DU SOGO BIENTÔT DE RETOUR AU TOGO


Agboti Yao et Ras Ly sur scène en 2009
Plus de quinze ans d’absence de la scène musicale nationale! Un peu trop pour Agboti Yao; une étoile au firmament de la chanson togolaise des années 80 et 90. Après les États-Unis d’Amérique où le «Maître du Sogo» a ébloui son auditoire, le promoteur Koffi de Souza et les membres de l’écurie IMP entendent cette fois-ci susciter les retrouvailles entre l’artiste et son public.(le chronogramme sera bientôt disponible on-line). L’artiste Agboti Yao rentrera en avril 2009 et fera ensemble avec le reggaeman Ras Ly, une grande tournée musicale à travers le Togo.
Le cas Agboti Yao n’en finit pas d’alimenter la conversation dans l’opinion publique. Perdu de vue au Togo, il avait donné un inoubliable concert en septembre 2004 à Molenbeek en Belgique. Deux jeunes promoteurs togolais, Koffi de Souza et Valentin Vossah Messan vivant dans le Midwest étasunien et respectivement responsables de l’International Music Promotion et de VVC Productions, lui avaient donné l’occasion de réaliser en automne 2006 une grande tournée musicale aux États-Unis d’Amérique. Le «Maître» du Sogo et son collègue Yawo Attivon avaient à cet effet, ébloui leur auditoire dans une série de concerts les ayant successivement conduits de Minneapolis en passant par Atlanta, New York, Chicago jusqu’à Washington.
Renouer le contact par une série de concerts
Agboti Yao rentrera très prochainement pour renouer les contacts perdus avec le public togolais. Le calendrier sommaire de sa grande tournée musicale prévoit pour le 24 avril 2009 un mega–show au Palais des congrès de Lomé. Par la suite, le natif de Havé, un petit village situé à une cinquantaine de kilomètres de Lomé, la capitale togolaise et à une dizaine de la ville de Tsévié, ira à la rencontre de ses fans et admirateurs des grandes villes de l’intérieur, notamment Tsévié, son fief, Aného, Vogan, Kpalimé, Notsé, Atakpamé en passant par Sokodé, Kara et Dapaong. Les villes de Ho et Aflao au Ghana, sont également des étapes au menu de cette tournée musicale. Notons qu’une partie des recettes, ira en aide aux victimes des récentes inondations enregistrées au Togo ainsi qu’aux enfants nécessiteux.
Agboti Yao avait été donné pour mort
Pendant notre processus démocratique, le chanteur Agboti Yao avait enregistré «Ablodé Gbadja» (Liberté totale) qui conquiert tous les mélomanes. Cette chanson à connotation nationaliste avait été finalement adoptée comme un refrain de ralliement du peuple togolais épris de liberté. Mais dans la foulée des douloureux évènements ayant émaillé la transition démocratique chez nous, notamment les tueries de la Place Henri Fréau (aujourd’hui Anani Santos) en janvier 1993, suivies de la descente punitive des hommes en tenue dans le grand quartier de Bè à Lomé; l’artiste Agboti Yao à l’image de milliers de Togolais, avait fui le pays pour un ailleurs sécurisant. Après avoir séjourné au Ghana, il s’était installé depuis lors à Heidelberg dans l’État de Bade–Wurtemberg en Allemagne.
En été de l’année 2002, la rumeur avait laissé entendre qu’après avoir rendu visite aux siens restés au Ghana; le «Maître du Sogo» n’avait plus donné signe de vie. Trois mois plus tard; un journal ghanéen écrit que l’artiste togolais avait été interpellé dans un centre pour réfugiés à Klikor avant d’être extradé sur ordre des services de sécurité ghanéens vers le Togo. Pire; Agboti Yao avait été donné pour mort. La mère de l’artiste, Dame Akoua Sofon montera au créneau pour lever l’équivoque; mais cela n’aura pas suffi pour rassurer les nombreux fans et admirateurs du «Maître du Sogo».
Plus tourné désormais vers le spirituel; la révélation de la chanson togolaise des années 80 et 90 est l’auteur de plusieurs titres à savoir Tsona (cadeau), Tso wodzi (Donne ton cœur), Azan Boko (Bonne fête), Kudzesu (la mort), Denyigba (Mon pays), Ablode Gbadja (Liberté totale), Chérie je t’aime, Eleboto…; des compositions bien délassantes mais qui se dansent aussi du cœur et des pieds. Y sont abordés des thèmes aussi simples allant du vécu quotidien, la Providence, l’amour, la mort, la joie de vivre… Très populaire et polyglotte; l’artiste Agboti Yao chante aussi bien en Éwé, sa langue maternelle, mais également en Ashanti, français et en anglais.
Que dire de Ras Ly, cette étoile montante de la chanson togolaise? Il s’était révélé au public togolais à la fin des années 90 à travers le morceau Agbétiko (vie insupportable). De son vrai nom Têkoé Folly, le jeune chanteur Reggae totalise à présent plus de huit ans de carrière ponctués par quatre albums; Agama (Caméléon), Bori Bana, Afrik Election et l’Oeil du Rebel dans les bacs depuis mars 2008. Le «rebelle sans armes» s’est donné pour mission de dénoncer les tares de la société. Il chante en Mina, en français et en Nouchi; un patois ivoirien. D’autres artistes de la chanson, à en croire le comité d’organisation, pourront éventuellement participer à la tournée musicale.

États-Unis, 24 novembre 2008
Cellule Communication IMP / VVC Productions
ladansedusogo@yahoo.fr


Drame à l'U.A.C. Le ministre Abiola très en colère
Arrivé hier précipitamment au campus d’Abomey-calavi, puis ensuite au Cnhu à Cotonou, le ministre de l’enseignement supérieur, François Abiola, n’a pas caché sa colère face au triste évènement survenu. « Notre Uac est malade de sa gouvernance» dénonce–t-il avec indignation.
Il dit ne pas comprendre, en effet, pourquoi le Doyen de la Faseg se donne le pouvoir de prendre des réformes sans associer la hiérarchie , à savoir les autorités rectorales. Car à ses dires, le rectorat de l’Uac lui aurait affirmé qu’il n’était pas du tout informé de cette réforme à controverses. Le ministre de l’enseignement supérieur rappelle, en passant, qu’à sa prise de service, il avait insisté sur la nécessité d’une communication permanente entre les différentes instances de l’Uac ; ce qui hélas, n’apparaît aucunement dans les comportements, à ce jour. Mais, il entend prendre des mesures hardies pour vite corriger le tir.
Les réformes à l’origine du drame
Hier très tôt dans la matinée, les responsables de la Fneb ont mobilisé les étudiants en face du restaurant universitaire pour une assemblée générale d’informations sur les nouvelles réformes en cours à la Faseg. Selon Mr Evariste Tossou, Secrétaire à la communication de le Fneb, cette séance était devenue nécessaire, d’autant plus que des étudiants de ladite faculté se sont déjà engagés à payer les frais d’inscriptions et autres. Mieux encore, hier lundi 24 novembre, était la date fixée par les autorités de la Faseg pour clôturer les inscriptions. Il fallait donc s’y opposer radicalement, selon la Fneb. Comme par hasard, ce fut le 19 novembre dernier seulement qu’il a été officiellement porté à la connaissance des étudiants, la création dans le cadre de la mise en place du système Lmd, à la Faseg, d’une nouvelle filière dénommée : Science-économie-gestion. Une filière qui devrait démarrer ses activités incessamment. Mais la goutte d’eau qui fera déborder la vase, est que les autorités de la Faseg, ont institué des frais de formations applicables aux établissements de formation professionnelle de l’Uac. Et dans le cas d’espèce, les frais s’élèvent à 100.000 Fcfa. Ce que dénoncent vertement toutes les organisations syndicales de l’Uac, qui rappellent que la gratuité des frais d’inscription prônée et officiellement mise en œuvre, il y a peu par le Chef de l’Etat, Boni Yayi, ne permet guère d’instituer les nouveaux frais , notamment dans les facultés classiques comme la Faseg. En tout cas, hier la Fneb, l’Uneb et l’Unseb se sont vigoureusement opposés aux opérations d’inscription qui se déroulaient dans cette faculté, dans le cadre de cette réforme. En réplique, le Doyen Amoussouga alors réagi violemment. En donnant des instructions fermes à son garde du corps d’user de son arme pour le protéger de la horde des étudiants.
Le garde du corps du Doyen Géro Amoussouga a tiré à bout portant hier sur une foule d’étudiants en pleine manifestation contre des nouvelles réformes à la Faseg. Le bilan fait état de 9 blessés, dont deux graves, parmi lesquels, figure le Président de l’Union nationale des scolaires et étudiants du Bénin (Unseb).
Tragique évènement hier sur le campus d’Abomey-calavi. S’opposant à une manifestation des étudiants et de leurs responsables contre des réformes récemment entreprises à la Faculté des sciences économiques et de gestion (Faseg), le garde du corps de Doyen de cette faculté, a tiré à bout portant dans la foule. Du coup, plusieurs étudiants sont blessés, qui aux jambes, qui aux reins, qui au ventre, qui au cou. Le premier qui a reçu les balles est le Président de l’Union nationale des scolaires et étudiants du Bénin (Unseb), André Asseh, qui perdit aussitôt connaissance. Mais le garde du corps, ne s’en arrêtera pas là. Il poursuit ses décharges de tirs de balles, de son Akm, en direction d’autres étudiants et en a suffisamment blessé, neuf au total, selon plusieurs témoignages. Il aurait reçu l’ordre d’agir ainsi de son chef, le Doyen Géro Amoussouga, qui serait également présent sur les lieux. Les deux auraient disparu précipitamment du campus après le drame.
Les blessés ont été transportés d’urgence par l’ambulance de l’Uac et celle des sapeurs pompiers alertés, vers le Cnhu Hubert Maga de Cotonou. La foule des étudiants devant des urgences était difficile à contenir hier. Ils étaient tous furieux face à ce qui est arrivé. « Nous ne pouvons jamais tolérer cela, car nous ne troublions aucun ordre sur le campus hier. le Doyen Amoussouga est un homme dangereux et vient de nous le démontrer une fois de plus » fustige le Secrétaire général de l’Uneb, Mr Yacoubou Bitiboto. Même coup de gueule chez le Président de la Fédération nationale des étudiants du Bénin ( Fneb), Eustache Quenum, qui raconte que le Doyen Amoussouga serait le premier à sortir un pistolet de sa poche et de le dresser contre la foule, avant d’ordonner à son garde du corps de « tirer sans sommation sur les étudiants ». Intervenant hier dans la soirée sur une chaîne de télévision, le Doyen Amoussouga nie avoir donné un quelconque ordre de tirer. Il déclare plutôt que son garde de corps a agi par légitime défense, parce que des étudiants l’auraient entouré et menaceraient de l’assommer.

Echauffourées à l’Université d’Abomey-Calavi:Neuf blessés graves parmi les étudiants 25 novembre 2008
Les usagers du Campus d’Abomey-Calavi ont vécu hier matin une situation à la limite dramatique. Selon les témoins rencontrés sur place, tout serait parti d’un mouvement estudiantin pour protester contre les nouvelles réformes en cours à la Faculté des sciences économiques et de gestion (Faseg).
Selon leurs dires, ces étudiants s’indignaient contre la soudaineté de ces réformes et surtout de la scolarité qui serait passée à plus de 100000Fcfa sans compter les frais d’études de dossiers qui sont de l’ordre de 5000Fcfa par étudiant. Toutes choses qui auraient provoqué la colère des étudiants avec à leur tête, André Assé de l’Union des scolaires et étudiants du Bénin (Unseb). « Nous ne sommes pas prêts à adopter ce système éducatif dans ces conditions à l’ère où on prône la gratuité de l’enseignement supérieur », scandaient-ils. Et contrairement aux autres fois où ils râlent et brandissent des branchages pour se faire entendre, ils auraient cette fois-ci, pris d’assaut cette Faculté et seraient prêts à mettre la vie de ces responsables en danger, avec en premier chef, le Doyen Fulbert Géro Amoussouga. Dans leur tentative, certains auraient tenté d’aller jusqu’à ôter le béret du garde du corps de ce dernier qui, poussé à bout, aurait fait usage de son arme. Bilan : neuf étudiants sérieusement blessés. Aux dernières nouvelles, on nous apprend que les victimes subissent des soins intensifs au Centre national hospitalier Hubert Koutoukou Maga (Cnhu) de Cotonou. Une scène qui vient encore témoigner le règne permanent de la violence dans ce haut lieu de savoir. Vivement qu’une enquête soit ouverte aux fins de situer les responsabilités et par la même occasion, extirper les brebis galeuses du reste de cette communauté qui ne demande qu’un maximum de quiétude pour étudier.

24.11.2008

Les bourses du carbone



AYEGNON TOVALOU KOSSI BLAISE
BP 12719 LOME TOGO
TEL 00228 9214293


Qui aurait cru qu'un jour la protection de l'environnement et les marchés financiers feraient bon ménage?






C'est pourtant ce qui est en train de se produire avec l'essor de nombreuses bourses du carbone dans le monde.

Ces bourses « vertes » sont une des retombées directes du protocole de Kyoto qui oblige les pays signataires à réduire leurs émissions de CO2, un des gaz à effet de serre contribuant au réchauffement de la planète.

Le Canada a pris l'engagement de réduire de 6 %, d'ici 2012, ses émissions de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux de 1990. En Europe, l'objectif est de 8 %.

Pour aider les pays et les entreprises à atteindre leurs objectifs, le protocole de Kyoto prévoit la mise en place d'un système international d'échange de droits d'émission de gaz à effet de serre.

Selon le Protocole, les entreprises pourront également acheter des crédits en investissant dans des projets de réduction d'émission de CO2 dans d'autres pays, dont les pays en voie de développement. Le but étant de favoriser les investissements dans ces pays en émergence où les coûts de réduction d'émission pourraient être moins élevés.

En attendant que ce marché international soit mis en place à compter de 2008, plusieurs marchés nationaux ont déjà vu le jour dans le monde. Il y a notamment des bourses du carbone en France, en Allemagne, en Hollande de même qu'en Australie et aux États-Unis, même si ces deux pays ont refusé de signer le protocole de Kyoto.

Soulignons que, pour l'instant, les pays émergents comme l'Inde ou la Chine (2e émetteur de CO2 au monde) ne sont pas contraints de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.


Or, selon l'Agence internationale de l'énergie, dans une vingtaine d'années, la Chine, en pleine industrialisation, sera le plus grand pollueur de la planète.

Comment fonctionne la Bourse du carbone?

C'est un marché comme celui des actions où il y a des acheteurs, des vendeurs et des intermédiaires (les courtiers). Sauf qu'au lieu d'y négocier des actions, on y négocie des droits ou des crédits d'émissions de CO2.

Le fonctionnement de base est à peu près le même partout. Les entreprises se voient d'abord imposer des quotas d'émissions qu'elles doivent respecter.

Celles qui ne réussissent pas à respecter leurs quotas doivent acheter des droits pour émettre du CO2.

À l'opposé, une entreprise, qui réussit à abaisser ses émissions en deçà des quotas fixés, obtiendra des crédits qu'elle pourra vendre sur le marché.

Le but est donc de récompenser les « bons élèves » qui investissent dans des technologies propres en leur permettant de gagner de l'argent par la vente de leurs crédits et de pénaliser ceux qui dépassent leurs quotas en les obligeant à payer pour acquérir des droits de polluer.

L'expérience européenne

Il y a déjà 7 bourses du carbone en Europe. La première qui a vu le jour est la Europeen Climate Exchange située à Amsterdam. Il s'agit d'une filiale de la Chicago Climate Exchange.

En janvier 2005, la Communauté européenne a mis en place un système d'échange de droits d'émission de CO2. La communauté européenne a imposé des quotas d'émission de gaz carbonique à 11 500 installations industrielles dans les 25 États membres.

Les entreprises qui dépassent le seuil d'émission qui leur est fixé doivent acheter des droits sur le marché. Ces droits, qu'on appelle également quotas, se vendent par unité d'une tonne de CO2 dont le prix est établi en fonction de l'offre et la demande.

L‘objectif étant que le prix devienne suffisamment élevé pour encourager les entreprises à investir dans des technologies propres. Celles qui dépassent leurs quotas et qui n'achèteront pas de droits se verront imposer une amende.

Lorsque ce marché deviendra international, la Russie devrait être favorisée, car depuis 1990, de nombreux sites industriels ont été fermés à la suite de la chute du régime communiste. Selon l'Agence internationale de l'énergie, la Russie aura un excédent de 600 millions de tonnes de carbone qu'elle pourra vendre sur le marché, alors que l'Union européenne sera en déficit et devra acheter 200 millions de tonnes de CO2.

Les bourses nationales du carbone sont en plein essor. Selon la Banque mondiale, 37 millions de tonnes de CO2 ont été échangés au cours des 3 premiers mois de 2005, c'est 2 fois plus que pour toute l'année précédente.

Au départ, les analystes s'attendaient à ce que le prix pour la tonne de CO2 oscille autour de 10 € (plus de 13 $). Or, depuis le début de 2005, le prix moyen est de 20 à 22 € (plus de 27 $ à 29 $), soit le double.

Une bourse du carbone au Canada?

Pendant que l'Europe fait figure de pionnière, le Canada accuse beaucoup de retard. Aucune bourse du carbone n'a encore vu le jour.

Steven Guilbault de Greenpeace Canada déplore que le gouvernement ait traîné les pieds depuis la conclusion du Protocole en 1997. « Si en 1998-99, on avait eu un plan d'action comme dans la plupart des pays d'Europe, notre bourse du carbone serait déjà en opération. » nous a déclaré M. Guilbault.

Les Bourses de Winnipeg, Toronto et Montréal sont intéressées à offrir une plateforme de transactions pour les droits d'émission de CO2. Mais elles ne peuvent mettre en place cette plateforme, car le gouvernement n'a pas encore établi de cadre réglementaire précis.

Pour l'instant, ce que l'on sait, c'est qu'au Canada, 700 entreprises émettrices de CO2, qu'on appelle les « grands émetteurs » participeront à ce futur marché du carbone.

Ces grands émetteurs que l'on retrouve dans le secteur pétrolier, minier, manufacturier et de la production d'électricité sont responsables de près de la moitié des émissions de CO2 au pays.

En avril 2005, le gouvernement a annoncé que ces entreprises devront réduire de 45 millions de tonnes leurs émissions de gaz carbonique sur un effort total de 270 millions de tonnes au pays.

Le problème, c'est que contrairement à l'Europe, le Canada n'a pas fixé de quotas absolus d'émissions pour chaque entreprise, mais plutôt une mesure de réduction de 12 % de « l'intensité des émissions par unité de production ». Or, il faut maintenant déterminer ce que cela représente pour chaque grand émetteur de CO2.

Une porte-parole d'Environnement Canada nous a affirmé que la réglementation finale ne sera pas prête avant la deuxième moitié de 2006. C'est sans compter les délais causés par les élections fédérales et l'arrivée possible d'un nouveau parti au pouvoir.

Un prix plafond de 15 $ la tonne de CO2

Du reste, la décision du gouvernement de garantir aux entreprises qu'elles ne paieront pas plus de 15 $ la tonne pour l'achat de crédits de CO2 est loin de faire l'unanimité.

Steven Guilbault croit que le gouvernement a cédé aux pressions des grandes pétrolières qui craignaient que l'achat de crédits leur coûte trop cher.

« Ça va coûter des centaines de millions de dollars au Trésor public canadien. La tonne de CO2 se négocie à 22 € [soit près de 30 $] ça veut dire que les compagnies vont en payer la moitié et que c'est le Trésor public qui va payer l'autre moitié. Je ne vois pas pourquoi la population devrait payer pour la pollution d'Esso. »


Léon Bitton, vice-président recherche et développement à la Bourse de Montréal souligne que « l'idéal c'est que le Canada n'ait pas à aller à l'international pour acheter des crédits. Mais s'il n'y a pas assez de projets [de réductions de gaz à effet de serre qui permettront d'obtenir des crédits] au Canada, le gouvernement devra alors acheter des crédits à l'international pour atteindre ses objectifs de Kyoto. Et, c'est là que ça pourrait coûter cher aux contribuables. »

Jean Nolet, président d'Eco-ressource, une firme de services-conseils pour les entreprises qui voudront participer à ce futur marché du CO2 estime, lui aussi, que c'est une erreur de fixer un prix plafond.

« En mettant un plafond artificiel, on se trouve à enlever l'avantage le plus important du marché. La tentation des entreprises, ce sera de se dire: je vais payer 15 $ la tonne plutôt que de faire l'effort [d'installer des technologies non polluantes qui coûteront plus cher]. C'est exactement ce qu'on propose aux grands émetteurs industriels », nous a déclaré M. Nolet.

En fixant un plafond, le gouvernement devra également interdire aux émetteurs de CO2 canadiens de vendre leurs crédits à l'étranger, car cela signifie qu'ils pourraient acheter des crédits à 15 $ la tonne du gouvernement et les revendre 2 fois plus cher sur le marché international.

Comment alors le système canadien, si différent de celui mis en place en Europe, pourra-t-il s'arrimer à l'internationalisation des échanges de CO2 à compter de 2008?

C'est une des nombreuses questions qui restent en suspens.